Alors que les constructeurs de consoles et les fabricants de cartes graphiques continuent de se livrer une guerre technologique de plus en plus onéreuse -en premier lieu pour le consommateur- une alternative récemment mise en avant, promet du jeu vidéo de qualité égale à moindre coût. Présenté pour la première fois à l’E3 2000 par G-cluster, le Cloud Gaming ou jeu à la demande, fait la promesse d’accéder depuis son ordinateur, sa TV à ou même sa tablette et téléphone Androïd à un catalogue de titres forts. Et ce, sans à avoir à investir dans du matériel supplémentaire. Une révolution sur le papier, mais dans la pratique, comment cela fonctionne-t-il vraiment ?
Tout d’abord, il est bon de rappeler que la mise en œuvre effective de ce service nouvelle génération a été inaugurée par OnLive en mars 2010 aux Etats-Unis, et suivi dans la foulée par la neufbox Evolution en octobre de la même année. La démocratisation de l’internet très haut-débit dans l’hexagone, et l’avancée de la fibre optique, ont certainement joué dans la prise de risques de cette nouvelle habitude de consommer pour l’opérateur. Car, c’est bien là la clé de voûte du système : la nécessité de posséder une connexion internet rapide permettant de recevoir et d’envoyer les informations au serveur du prestataire qui stocke les titres sur ses serveurs. Un tour de force qui donnerait presque envie de s’abonner et s’abandonner complètement à cette nouvelle offre, à condition de connaitre les propositions actuelles afin de déterminer si elles sont aussi indécentes d’attrait que promis…
Pour faire simple, on peut diviser le jeu à la demande en deux familles : celle destinée avant tout aux joueurs confirmés avec les plateformes de Gaikai (créée par David Perry) et OnLive dont les catalogues sont très orientés blockbusters, et celle pensée pour la famille avec trois opérateurs principaux (Orange, SFR, Bouygues) via leurs boxes internet. Pour ces derniers, les tarifs de location démarrent à 1.99€ pour 24h en prix d’appel et vont jusqu’à vingt euros environ pour un achat, suivant le titre évidemment. Il existe également des abonnements compris entre 5 et 20 euros pour essayer un maximum de titres. De l’autre côté de l’Atlantique, l’éventail de titres étant beaucoup plus fourni et récent, les prix flambent forcément, atteignant par exemple 50 dollars pour Sleeping Dogs.
Toutes ces solutions inédites sont satisfaisantes dans la majorité des cas à condition d’avoir une connexion au minium haut-débit. Ceci étant, dès que l’on souhaite tenter l’expérience avec des titres tels que Crysis 2 requérant un temps de latence minimal et très gourmand en ressources système, la fibre optique est quasiment obligatoire. Pour conclure, le Cloud Gaming est une vraie avancée vers un jeu vidéo de plus en plus dématérialisé et démocratisé. Reste que les tarifs parfois prohibitifs de certains titres que l’on ne peut, par nature, ni prêter, vendre ou échanger, peuvent encore freiner les joueurs encore très attachés à un support physique.